Archives Mensuelles: août 2013

en route vers l’urbanisme intercommunal !


Le président de l’association des maires, J. Pelissard s’exprimait ainsi récemment:

« Pourquoi rejetez-vous catégoriquement le plan local d’urbanisme (PLU) intercommunal ?

Il est inacceptable de retirer aux communes tout rôle dans l’aménagement de leur territoire sans leur consentement. Nous préconisons une coélaboration du PLU intercommunal. Les élus municipaux doivent absolument y être associés.

Au risque de réduire le maire à un rôle purement représentatif ?

Il y a en effet un danger réel de marginaliser le maire et les élus. Il est certes essentiel de mutualiser les services entre communes et intercommunalités. Nous y avons toujours été favorables. Les avancées en matière de rapprochement ont d’ailleurs été initiées par des amendements de l’Association des maires de France (AMF). Sur ce registre-là, nous n’avons donc pas de leçons à recevoir. Mais il ne faut pas non plus dissoudre les communes dans une intercommunalité qui n’aurait plus de contact avec la réalité et supprimerait le maillage avec le territoire. »

Le ton est apaisé et le propos pointe un risque. Mais au fond, le président de l’AMF reconnaît implicitement que la nouvelle voie qui s’engage est ferme et nette, celle du traitement de l’urbanisme à l’échelle intercommunale. Comment en effet continuer à affirmer que l’urbanisme doit être transversal et proposer un projet global et rester dans des traitements « timbre poste ».

Les nouveaux urbanistes sont franchement et sans ambiguité favorables au développement de l’urbanisme à l’échelle intercommunale.

On peut s’étonner – mais est ce une surprise – des propos en retrait sur cette question du CFDU (conseil français des urbanistes). La défense des intérêts de la profession libérale y passe apparemment bien avant l’intérêt général.

Dominique MUSSLIN

la messe 2013 du Conseil français des urbanistes


De retour d’un voyage spatio-temporel, je vous fais part du compte rendu de la prestigieuse université d’été des urbanistes (ça vous évitera d’y aller pour rien).

Le Président Kaa rappela que le CFDU est une confédération d’associations d’urbanistes. Chacune de ces associations comptant en moyenne 10 personnes (dont on n’est pas sûr qu’elles soient d’ailleurs à jour de leurs cotisations), le CFDU représente donc arithmétiquement une centaine de personnes, qui compte tenu de leur moyenne d’âge ont œuvré un jour pour l’urbanisme. (Ne doutons pas que 100 sur 20 000, cela constitue un véritable mandat de représentation).

Il rappela également que l’une des missions du CFDU était de promouvoir les associations qui la constitue, s’auto justifiant immédiatement en précisant que seule l’inaction pouvait promouvoir le néant absolu.

Le CNJU fit ensuite une brillante présentation de son action (réelle cette fois) et présenta savamment ses propositions et son livre blanc. Le Président les en remercia et les raccompagna en leur confiant « surtout n’hésitez pas à nous dire de quoi vous avez besoin, on vous dira comment vous en passez ! » et en leur assénant son célèbre « ayez confiance, ayez confiance »

Une seconde intervention attendue fut celle d’UT, qui exposa son projet de licence d’exercice pour les urbanistes. Cette proposition fut compléter par une nouveauté, une révélation : la VAE qui allait sauver les jeunes urbanistes. En effet, leurs diplômes n’étant pas reconnus, l’idée soumise à l’assemblée est de valoriser l’expérience pour accéder aux nouveaux grades de la licence les jeunes urbanistes au bout de plusieurs années pourront ainsi devenir :
assistant d’études-grouillot
chargé d’études-grouillot
sous les ordres d’un ingénieur voyer (membre de l‘AITF) bien sûr. Face à cette révélation, l’assistance fut rassurée, car les jeunes allaient rentrer dans le rang.

Dans l’enthousiasme général, le représentant de la SFU alla même jusqu’à révéler que l’université d’été 2020 aurait pour thème « la non reconnaissance des urbanistes », parrainée cette fois par l’AITF qui sera devenue membre du CFDU entre temps.

Le Président Kaa conclut l’université 2013 sur son slogan devenu célèbre « L’avenir est au passé ! »

Il s’agissait peut être aussi d’une réalité alternative, mais pourtant la similitude des postures amènent à s’interroger.

Maurice FOURRIER
Ingénieur principal territorial
Urbaniste OPQU, IUAR,
ex membre d’APUCT, UT, SFU, APUA, et même dans un court instant d’égarement IVF , où il est mort d’ennui
et bientôt du Syndicat des Nouveaux Urbanistes

Mais que fait la SFU ?


J’ai fais un rêve …

J’ai rêvé qu’en pleine tourmente économique, sociale, prospective, technologique, de communication, de l’emploi, d’échelle d’intervention, de mondialisation, d’intervention si efficace des lobbies restreignant notre profession, de lobbies empêchant nos diplômés d’accéder aux fonctions territoriales, j’ai rêvé donc que « la plus représentative » ( !) de nos organisations professionnelles, la SFU, était en plein combat sur tous les fronts !

Je n’ai pas eu à me réveiller, mais à me sortir brutalement du cauchemar : La SFU m’a envoyé un courriel ce samedi 24 août de Saint-Barthélemy, au soir, me demandant « d’élire nos représentants au conseil d’administration de l’OPQU », pour la reconnaissance « officielle » des urbanistes qualifiés.
Je ne vais pas me livrer à un commentaire de ce qu’écrit Jacques VIALETTES, l’actuel Président –qui est loin d’être inactif.
Mais cet appel au vote au CA de l’OPQU m’a brutalement révélé ce que, maintenant, la SFU se condamne à être : un outil inapproprié, qui s’autoalimente d’actions qui ne sont plus que des leurres, sans véritables finalités d’action. Un ensemble vide.

Quelle reconnaissance « officielle » ? Que vaut l’approbation arrogante de la SFU de « la capacité de formation » ou celle « d’animer la recherche » qu’elle délivre aux universités formant des urbanistes ?
Quand j’étais, il y a 3 ou 4 ans au CA de la SFU, j’ai connu très peu de « chercheurs » ou de représentant de chercheur, alors qu’on nous faisait croire que nous étions au moins 200 membres cotisants. Et que nous représentions le macrocosme de l’urbanisme français, et même européen.

De cascades de représentations en délégations souvent vides, la prestigieuse SFU-car elle a été prestigieuse, innovante, moteur de nombreux mouvements depuis 1911- s’est vidée de toute substance. Au mieux, elle est la porte parole retardataire d’actions qui s’exercent ailleurs, sur d’autres terreaux fertiles.

Même son site web vit encore sur d’anciens « acquis » :
L’exemple le plus comique, si ce n’était aussi triste, se situe à la page dédiée à l’intercommunalité –sujet d’actualité s’il en est ! Les préfets sont sommés par circulaire du 8 août 2013 qu’aucune commune n’y échappe d’ici le 1er janvier 2014. C’est une obligation d’application immédiate, l’article L.5210-1-2 du Code général des collectivités territoriales (CGCT) étant entré en vigueur le 1  juin.

Lisez-la, cette page du web : la SFU y place en article principal, l’interview de Béatrice Mathiot de …. Dominique MUSSLIN (avec une faute à MUSSLIN : « MussElin ») sur ce qu’il exprimait il y a…quelques temps sur l’inéluctabilité de l’intercommunalité !

Le fond est toujours pertinent, mais le « rafraichissement » -sans parler de la faute d’orthographe- est toujours à la traine: et il y a pourtant à s’exprimer MAINTENANT sur la circulaire du 8 août 2013 aux préfets !
Enfin, je n’évoquerais pas – c’est mon mauvais esprit !- l’ironie que peut revêtir la présentation d’un article de Dominique MUSSLIN. Il est l’initiateur et l’animateur principal du « Syndicat des Nouveaux Urbanistes »
Et là, ce n’est pas un rêve, notre Assemblée Fondatrice se tiendra le mois prochain !

A très bientôt, ceux qui sont bien réveillés.

Daniel DE LICHANA
Nouvel urbaniste

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