Un syndicat professionnel pour les urbanistes

Le syndicat des nouveaux urbanistes a vu le jour ce samedi 21 septembre, porté par ses membres fondateurs, issus de toutes origines géographiques et de toutes les générations. Un point commun: défendre et valoriser une profession de 20 000 membres véritablement urbanistes (urban planners).

Les statuts vont être déposés,le bureau a été élu et les adhésions en ligne pourront bientôt débuter.Ci dessous, l’extrait du texte préliminaire qui fait office de charte provisoire.

« Si nous sommes ici ce matin, c’est parce que nous partageons une idée, un souhait, une ambition, celle d’entendre une nouvelle parole au sein de la profession d’urbaniste, l’émergence d’une nouvelle expression des urbanistes français. Notre initiative n’est pas hors sol, fabriqué par des personnes qui auraient « bricolé » dans leur coin une initiative isolée.Bien au contraire, elle puise ses racines dans des initiatives anciennes, dans des tentatives ou des projets qui lui ont permis de mûrir progressivement, de prendre une tournure constructive et différente de ce qui existe aujourd’hui au sein de la profession. Différente sans s’être construits contre, alternative parce que les associations existantes ont ignoré les sujets mis en avant, militante car il a fallu tenir bon malgré les attaques verbales désagréables.

L’initiative des nouveaux urbanistes a débuté lorsque quelques uns parmi nous ont commencé à se préoccuper au sein de la SFU du sort et des perspectives offertes aux jeunes diplômés.

Une première initiative, les assises pour l’insertion professionnelle des jeunes urbanistes ont été organisées il y a maintenant 5 ans à la Sorbonne. Elles ont certes commencé à creuser un fossé avec les « anciens » urbanistes, certes, mais elles nous ont permis de prendre conscience de la mobilisation des jeunes urbanistes et de leur attente professionnelle forte.

Une seconde initiative a vu le jour fin 2009 avec le lancement de la pétition contre le décret 2007-196 qui restreint l’accès aux seuls ingénieurs pour le concours d’ingénieur de la fonction publique, option urbanisme. Des milliers de signatures et un petit noyau de militants encore membres de la SFU. Un vrai succès, une audience dans la presse et chez les élus locaux. Et une méfiance de plus en plus forte chez les anciens, et ce pour des raisons si obscures qu’elles nous échappent encore aujourd’hui!

En 2011, nous avons été une vingtaine à proposer à la SFU de se moderniser, de quitter son statut de société savante hérité de sa naissance centenaire et de devenir un mouvement de masse représentatif des milliers d’urbanistes. Le débat aurait pu être serein, posé et porteur de nouvelles perspectives. Il n’a pas eu lieu et tous les moyens ont été bons pour l’empêcher, transformer nos propositions, nous empêcher d’avoir simplement à accès aux adresses des membres. Le vote lui-même de désignation du nouveau CA fut un simulacre de démocratie, des non-candidats étant élus, juste pour empêcher les réformateurs que nous étions de participer activement aux instances. Au bout de cette expérience, l’amertume aurait pu prévaloir.

Mais ce fut un nouvel élan et un nouveau souffle.

Fin 2011, les 8 convictions des nouveaux urbanistes prenaient forme, reprenant sur internet et de façon libre nombre des propositions que les gardiens de la doctrine de l’immobilisme SFU voulaient tuer dans l’œuf. Succès d’estime avec plus de 500 signatures en ligne, soit le double des adhérents déclarés de la SFU. Les nouveaux urbanistes naissent de ce double mouvement: initiatives dynamiques d’une part et de l’autre rejet par les anciens urbanistes conservateurs. Nous rêvions de consensus, de symbiose et de débat public harmonieux. Et il a fallu jouer depuis cinq ans sur ces deux registres. D’aucuns voulaient plus d’harmonie et nous proposaient de fédérer plutôt que de désunir. Nous l’avons souhaité et nous avons œuvré pour cela, mais un conservateur ça ne bouge pas et surtout ça refuse que le monde avance, quitte à bloquer son évolution de force.

Ce temps de conciliation est désormais révolu et il faut aller de l’avant.

Le CNJU né de la pétition de 2009 nous a montré comment réussir une structuration, une maturation et comment gagner la bataille des idées. Car c’est bien une bataille qui nous attend pour faire entendre nos propositions et nos idées. Nombreux sont les urbanistes, plus de 20 000 qui sont concernés, et si peu nombreux sont les freins. Les conservateurs avaient seuls la parole et ils vont devoir désormais la partager.

Au moment où les députés viennent de voter une loi importante pour moderniser l’urbanisme, il devient indispensable que notre profession s’exprime autrement qu’avec réticence, comme elle l’a fait, CNJU non compris, lors des auditions du parlement. Notre mouvement de modernisation de la profession repose sur trois pieux de fondation:

– UNE DOCTRINE: huit convictions pour organiser non pas l’urbanisme mais la profession d’urbanistes,

– UN STATUT:celui de syndicat professionnel, une vraie nouveauté car jusqu’à lors aucune organisation ne joue ce rôle ou n’a ce titre. Nous ne marchons sur les plates bandes de personne.

– UNE AMBITION:devenir progressivement une organisation de masse, et de rompre ainsi avec les « groupuscules » de quelques membres, tout au mieux quelques dizaines de membres. Ces trois pieux de fondation nous ont incité à proposer d’accoler le terme de « nouveaux » à celui d’urbanistes, car il faut se distinguer de l’immobilisme qui prévaut au sein de la profession. Bâti sur ces trois pieux, le premier étage de notre syndicat est constitué par les huit convictions qui ont déjà été diffusées et autour desquels notre mouvement a pris forme.

Les convictions ont pour trait commun de donner à voir une figure, une véritable figure pour une profession faiblement structuré et le peu d’organisation dont elle est dotée vient à singer la profession d’architecte, son ordre, le poids excessif des structures libérales et le caractère individuel de l’acte de construire, ou du moins son image. Tout ceci est loin, très loin de ce qu’est l’exercice de l’urbanisme aujourd’hui.

 

Il convient de donner à voir et de renforcer au moins quatre points:

1/ La diversité d’origine des urbanistes en terme de formation de base. La formation au sein des instituts d’urbanisme et la possibilité d’y obtenir une validation des acquis d’expérience est un axe majeur de notre action future.

2/ Le caractère complexe de l’urbanisme totalement distinct de l’ingénierie urbaine. C’est cette question qui est au cœur de notre exclusion des concours de la fonction publique, et non pas celle du titre, qui est totalement secondaire.

3/ La pratique professionnelle largement collective et
intégrée dans un processus de gouvernance du territoire. Ce qui suppose de valoriser d’autres références professionnelles que celles de l’exercice architectural, comme le projet urbain. À cet égard, le statut « d’urban designer » pose question comme partie prenante de notre profession.

4/ La très large salarisation de la profession. Il convient de recadrer franchement les multiples dérives à connotation libérale que subit la profession aussi bien dans les cabinets privés que dans les secteurs publics et parapublics. La nécessité de conventions collectives spécifiques est totalement évidente. Voilà un cadre de travail qui nous occupera longtemps et qui demandera une énergie redoublée.

Nous serons au rendez-vous.

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Publié le 23 septembre 2013, dans 1. Regrouper les urbanistes de tous modes d'exercice, 2. Faire de la profession d'urbaniste une profession à part entière, et tagué , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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