Archives de Catégorie: – Nos 8 convictions

ce projet n’était que le mien


Bonjour,
N’ayant eu que deux retours positifs de deux d’entre vous, retours fort sympathiques d’ailleurs, il m’est donc devenu évidant que le projet de syndicat est d’abord et seulement mon projet personnel. Projet auquel vous avez eu l’amabilité de ne pas refuser de vous associer, voire de cotiser.
Mais vous ne partagez ni ma volonté de constituer une profession et de la promouvoir, ni même le besoin de vous impliquer.
Ma colère est évidente et sans nuances, et je ne doute pas que tout ceci mettra – éventuellement des années à reprendre. Mais je n’ai pas la patience d’attendre le réveil hypothétique des uns ou des autres.
Pour autant, j’ai suffisamment de projets personnels qui me mobilisent pour ne pas m’attarder sur ce qui, somme toute, est une activité exercée par des personnes plus enclines à vivre leur vie plutôt que de partager un projet collectif. En dehors de ceux qui se mobilisent au sein du Collectif des Jeunes Urbanistes bien sûr.
Je confie les clés, c’est à dire l’accès au compte bancaire, dont aucun centime n’a été dépensé à mon ami secrétaire du SNU, Daniel DE LICHANA qui revient d’un long arrêt maladie et qui a toute mon amitié et qui m’a soutenu dans ce combat qui a maintenant 15 ans … pour pas grand’chose.
Salutations
Dominique MUSSLIN
Urbaniste non syndiqué

la certification des diplômes d’urbanisme, une priorité de la Ministre


message d’amitié au CNJU pour son AG du 25 octobre 2014


Chers amis du Collectif des jeunes urbanistes,

Que de chemin parcouru par votre collectif depuis le lancement de la pétition sur le concours d’accès au grade d’ingénieur territorial.

Que de travail fait par vos équipes pour décrasser les esprits, dresser des états des lieux brillants et tracer des perspectives réformatrices.

Que de déconvenues très certainement reçues comme des uppercuts devant les résistances au sein de notre milieu professionnel, déconvenues que vous semblez avoir fort bien digérées au final.

Le CNJU est devenu au fil des mois un organisme force de proposition, un groupe d’expert respecté et écouté et un fédérateur de positions réformatrices et constructives.

Le temps des jeunes trublions n’est plus et ce n’est pas le Syndicat des nouveaux urbanistes qui le regrette, bien au contraire. Notre profession a trop souffert de voir ses associations professionnelles sans stratégie et sans vision de notre avenir commun.

Notre profession a plus que jamais besoin de se refonder, de paraître comme relevant d’un champ « normal » et de militants du réel. Vous êtes de ceux-là et vous pouvez être fier d’être, paraphrasant Aragon, « l’avenir de l’urbanisme ».

Bonne assemblée générale en ce samedi 25 octobre 2014 et veillez à faire plus de place à celles qui sont majoritaires au sein de notre profession, mesdames les Urbanistes.

Dominique MUSSLIN Président du syndicat des nouveaux urbanistes

Les enjeux de la certification des diplômes d’urbanistes


Le Collectif National des Jeunes Urbanistes,

Le Syndicat des Nouveaux Urbanistes,

Urbanistes des Territoires

 

Invitent leurs adhérents à une réunion d’information et d’échanges sur :

Les enjeux de la certification professionnelle des diplômes d’urbanisme

Les représentants des principaux employeurs des 20 000 urbanistes participeront à la rencontre. Le 18 septembre 2014, lors des Assises nationales de l’Office professionnel de qualification des urbanistes (OPQU), la ministre du logement et de l’égalité des territoires a d’ores et déjà déclaré de façon explicite soutenir cette démarche.

Cette rencontre aura lieu à la Fédération Nationale des Agences d’Urbanisme (FNAU)

le vendredi 24 octobre de 14h à 16h30,
au 22, rue Joubert, à Paris (9e arrondissement)

Déjà en vigueur dans plusieurs États membres de l’Union Européenne (Allemagne, Royaume-Uni), la certification professionnelle des diplômes d’urbanisme permet de délivrer une information transparente sur l’offre de formation qualifiante des urbanistes et une reconnaissance mutuelle de leurs qualifications en Europe.

Le nombre de places étant limité, veuillez remplir ce formulaire d’inscription à partir du lien suivant :
https://docs.google.com/forms/d/1kCy3Uh_tVZ04uHrkwhyhhGfJ4pB2OzJwS0wNctyuJSs/viewform

Contact CNJU : ocrepin@cnju.fr

Communiqué, 25 septembre 2014 Les urbanistes construisent leur avenir.


Trois organisations adressent au gouvernement leurs propositions pour améliorer les conditions d’accès des urbanistes à la Fonction publique territoriale et reconnaître leurs compétences à leur juste valeur.

Différentes initiatives voient le jour en ce moment pour conforter la profession des urbanistes et renforcer leur positionnement au sein des secteurs public, parapublic et privé.

Réunissant plus de 1 000 membres au total, le Collectif National des Jeunes Urbanistes (CNJU), le Syndicat des Nouveaux Urbanistes (SNU) et Urbanistes des Territoires (UT), ont choisi d’associer leurs énergies pour améliorer la vie quotidienne de tous les urbanistes salariés exerçant au sein des collectivités locales, du secteur parapublic (agences d’urbanisme) et de la consultance privée en assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO).

Afin d’améliorer les conditions d’accès des urbanistes à la Fonction publique territoriale et reconnaître leurs compétences à leur juste valeur au sein des collectivités locales, le SNU, UT et le CNJU proposent l’instauration d’une voie de recrutement spécifique des urbanistes diplômés via un « concours sur titre ». Ce mode d’accès à la Fonction publique est conditionné à la reconnaissance d’un Titre professionnel inscrit au Répertoire national des certifications professionnelles (RNCP). Cette option est extrêmement pertinente au regard de la spécificité de la mission que remplissent les urbanistes au sein de la maîtrise d’ouvrage publique. Elle impliquerait bien évidemment de définir les modalités d’intégration des urbanistes recrutés sur titre au sein de la Fonction publique territoriale : type de filière, cadre d’emploi, etc.

La voie d’un recrutement sur titre professionnel nécessitera au préalable la mise en place d’un processus de certification professionnelle des diplômes d’urbanisme de niveau Master (Bac+5). Déjà en vigueur dans plusieurs pays européens, elle s’inscrit dans le processus initié par l’Office professionnel de qualification des urbanistes (OPQU). Elle permettrait même à la qualification OPQU de sortir renforcée dès lors qu’elle serait reconnue comme relevant du droit commun de la Validation des Acquis de l’Expérience (VAE). Il suffira d’amender le processus de qualification de l’OPQU en ce sens.

La déclaration de Sylvia Pinel, Ministre du Logement et de l’Egalité des territoires, le 18 septembre 2014 dans le cadre des Assises nationales de l’Office professionnel de qualification des urbanistes (OPQU), vient répondre positivement à la demande du CNJU, du SNU et d’UT d’inscrire prioritairement à l’agenda cette démarche de certification professionnelle des diplômes d’urbanisme de niveau Bac+5.

Ce processus devra nécessairement associer les représentants de la maîtrise d’ouvrage publique (associations de collectivités locales). C’est dans ce but que les trois organisations débattront le 24 octobre prochain avec les représentants des principaux employeurs d’urbanistes (20 000 professionnels en activité).

Télécharger la position commune et les propositions d’UT, du SNU et du CNJU :
http://www.jeunes-urbanistes.fr/wp-content/uploads/2014/09/Note-position-CNJU-UT-SNU-Acces-FPT-Validee_24092014.pdf

Contacts :
SNU : Dominique MUSSLIN dominique.musslin@gmail.com 06 80 15 27 01
CNJU : François FAVARD ffavard@cnju.fr 06 26 01 36 39
UT : Bernard LENSEL blensel@yahoo.fr 06 66 98 28 21

PLATE-FORME COMMUNE: L’urbanisme est à nouveau au centre du débat public, les urbanistes doivent trouver toute leur place.


 

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Urbanistes des Territoires

 

 

 

Paris, 22 mai 2014

 

L’urbanisme occupe à nouveau une place centrale dans le débat public national. Le gouvernement entend même aujourd’hui exporter les savoir-faire de la « ville durable à la française », sachant que, dans les faits, des échanges à l’échelle internationale sont déjà fructueux.

Depuis les lois de décentralisation, SRU et aujourd’hui ALUR, l’urbanisme est aussi un enjeu majeur au niveau local avec les nouveaux documents d’urbanisme qui organisent le vivre ensemble dans nos villes et nos territoires (SCoT, PLUi).

 

Politique publique, l’urbanisme a aussi besoin de compétences professionnelles.

Depuis 15 ans, des initiatives ont été prises pour faire valoir les compétences professionnelles des urbanistes, mais il faut bien reconnaître que leur portée reste limitée.

Des 20 000 urbanistes en France, il est trop peu question.

Rappelons ici la définition donnée du métier d’urbaniste dans le rapport adopté le 17 juillet 2012 par la délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation du Sénat :

 

« Loin de se réduire à un aspect réglementaire, le travail de l’urbaniste vise à définir et mettre en forme le projet territorial des collectivités locales. Son rôle est d’anticiper les dynamiques d’urbanisation en apportant aux élus locaux une aide à la décision politique leur permettant d’arbitrer sur les localisations les plus cohérentes (activité, emploi, logement, réseaux de transport) pour la gestion optimale des mobilités ; de mener une action foncière adéquate ; et de conduire des projets de renouvellement urbain. »

Il est désormais temps de faire de la profession des urbanistes une branche professionnelle à part entière.

Nous souhaitons y contribuer de façon positive, constructive et pragmatique.

Les chantiers qui nous apparaissent utiles pour rendre notre profession plus visible et mieux organisée sont nombreux. Ils ne s’opposent pas aux démarches déjà entreprises.

Nous proposons d’œuvrer à trois priorités pour consolider notre profession :

  1. La certification professionnelle des diplômes d’urbanisme de l’Enseignement supérieur (niveau Master) doit être mise à l’agenda avec les principaux employeurs ; la qualification professionnelle délivrée par l’Office professionnel de qualification des urbanistes (OPQU) restant bien entendu utile pour faciliter la validation des acquis d’expérience (VAE).
  1. Les compétences et la qualification (diplômes de niveau Bac+5) des urbanistes exerçant dans le secteur public territorial doivent être de nouveau reconnus comme équivalents à ceux des « cadres d’emplois »techniques de catégorie A.
  1. Les urbanistes bénéficiant d’un contrat de travail de droit privé doivent pouvoir bénéficier d’une protection sociale commune en matière de droit du travail, avec la construction d’une convention collective nationale.

Nous souhaitons y contribuer en construisant un dialogue avec :

  • Les représentants des employeurs d’urbanistes du secteur public (collectivités locales, Etat),
  • Les organisations professionnelles employant des urbanistes disposant d’un contrat de travail de droit privé (consultance privée, agences d’urbanisme parapubliques, notamment),
  • Les acteurs du service public de l’emploi et de l’orientation professionnelle,
  • Les représentants chargés de l’accréditation des diplômes de l’Enseignement supérieur en urbanisme et aménagement du territoire.

 

Dominique MUSSLIN, Président du Syndicat des Nouveaux Urbanistes (SNU)

Bernard LENSEL, Président d’Urbanistes des Territoires (UT)

François FAVARD, Président du Collectif National des Jeunes Urbanistes (CNJU)

   

 

 

 

 

 

 

                                                                    

la profession des urbanistes doit s’organiser (interview sur le site du CNJU)


Dans le cadre de son Livre Blanc « 9 propositions pour organiser la profession d’urbaniste en France » adopté en 2013, le CNJU a appelé de ses voeux la constitution d’un syndicat professionnel pour les urbanistes. C’est désormais une réalité avec la naissance du syndicat des Nouveaux Urbanistes qui a déposé ses statuts à la Ville de Paris début 2014. Nous donnons la parole à son président, Dominique Musslin.

 

 

D’où vient l’initiative des « Nouveaux Urbanistes »? 

Chacun conviendra que les urbanistes qu’il connaît sont massivement salariés et exercent aussi bien dans les collectivités locales, dans les agences d’urbanisme ou pour la consultance privée (bureaux d’études). Ce que tout le monde ne sait pas c’est que le nombre de « travailleurs » de l’urbanisme, au moins 20 000 aujourd’hui, a fortement progressé depuis 40 ans, en même temps que naissaient les agences d’urbanisme et les démarches de planification décentralisés dans les collectivités locales.

Mais ce qui pose problème depuis quelques années, c’est le décalage abyssal entre cette réalité sociale et l’absence de représentation professionnelle. Même en cherchant bien, il n’y a rien, même pas une petite association qui défende aujourd’hui les intérêts de tous les urbanistes. Jusqu’à présent, seul un mouvement dont l’impact est marginal – il ne concerne que 2% des urbanistes – s’est focalisé sur une question assez secondaire, celle d’une qualification professionnelle individuelle. Sans résultat.

 

 

L’objet social de vos statuts liste un certain nombre d’objectifs pour la reconnaissance de la profession d’urbaniste. Dans l’immédiat, quelles sont les priorités du syndicat? 

Nous évitons de faire de l’urbanisme médiatique. Ceci ne fait progresser ni notre activité concrète, ni notre savoir-faire professionnel.

Notre première priorité est de nous faire connaître auprès des professionnels de l’urbanisme. Nous sommes encore un syndicat jeune – créé en septembre 2013 et reconnu en décembre – mais nous sommes désormais au cœur de cette phase. Les réseaux sociaux sont des outils essentiels pour l’instant, mais la phase des rencontres régionales suivra.

La seconde est de recruter des adhérents en nombre significatif. Car une profession ne peut pas s’appuyer sur quelques tribuns, la profession des urbanistes doit se prendre en charge collectivement.

 

 

 

Comment comptez vous travailler avec les employeurs d’urbanistes et leurs représentants?

Rappelons tout d’abord que les « patrons » des urbanistes sont surtout des élus locaux (collectivités locales, agences d’urbanisme, syndicats mixtes, SEM d’aménagement/SPLA), les urbanistes à leur propre compte, en « libéral » étant devenus minoritaires. Et nous distinguons bien pour ce qui nous concerne les urbanistes libéraux à plein temps et les architectes libéraux qui font de l’urbanisme à titre accessoire.

A part des organismes où les urbanistes sont très minoritaires, comme les CAUE et les PACT-ARIM qui ont une tradition du dialogue social, il n’y a aucun cadre pour un dialogue social entre les urbanistes et leurs employeurs. Pas même dans les collectivités locales dans lesquelles on a beaucoup besoin des urbanistes, mais à condition qu’ils taisent leur origine professionnelle : trop peu écrivent « urbaniste » sur leur carte de visite. Ce dialogue social est donc à construire et passera nécessairement par la mise en œuvre d’une convention collective du secteur privé et parapublic de l’urbanisme.

Du côté des collectivités locales, la place des urbanistes dans la fonction publique territoriale, âprement défendue par nos amis d’Urbanistes des territoires doit donc être réaffirmé. Nous ne pouvons pas accepter que des centaines d’urbanistes soient n’aient que des statuts précaires ou sans rapport avec leur qualification. Il y a bien un statut spécifique des médecins dans la fonction publique qui sont en mesure de faire reconnaître leur titre professionnel. Ce n’est donc pas aux associations d’ingénieurs mais aux employeurs de prendre leurs responsabilités. Et à nous de les convaincre.

 

 

FEDERONS-NOUS POUR ORGANISER LA PROFESSION D’URBANISTE


Syndicat professionnel des Nouveaux Urbanistes déclaré en mairie de Paris n° 21099

QUE VEULENT LES NOUVEAUX URBANISTES ?

Notre initiative inédite, c’est une ambition : créer une organisation fédératrice de tous les urbanistes et qui permet à tous les points de vue de s’exprimer. Notre initiative, c’est un statut, celui de syndicat professionnel, une vraie nouveauté car jusqu’à lors aucune organisation ne joue ce rôle ou n’a ce titre.

Nous ne marchons sur les plates-bandes de personne.

Notre initiative, c’est un programme de huit convictions pour organiser non pas l’urbanisme, mais la profession d’urbanistes. Seul un mouvement de masse qui fédère les urbanistes de tous les modes d’exercice peut préparer notre profession à l’avenir.

Chaque urbaniste pourra s’y défendre et promouvoir sa profession.

 

D’OU VIENNENT LES NOUVEAUX URBANISTES ?

Notre profession compte 20 000 membres.

Notre profession est freinée dans son évolution car, pour l’instant, seuls quelques architectes libéraux sont chargés de la représenter.

Le projet des nouveaux urbanistes a mûri à force d’attendre la modernisation de sa profession.

En 2008, les assises nationales pour l’insertion professionnelle des jeunes urbanistes n’ont pas réussi à leur ouvrir de nouvelles perspectives.

En 2009, un décret ministériel ferme aux urbanistes formés à l’université l’accès au concours d’ingénieur territorial (spécialité urbanisme, aménagement, paysage)

Nous avons lancé une pétition contre cette injustice. Elle a recueilli des milliers de signatures, un vrai succès d’audience dans la presse et chez les élus locaux.

En 2011, la Société Française des Urbanistes n’avait  toujours  pas pris le virage des nouvelles perspectives.

Un nouvel élan et un nouveau souffle ont donc pris forme.

Fin 2011, les nouveaux urbanistes produisent huit convictions (énoncées ci dessous).

Celles-ci  rencontrent un réel succès avec plus de 500 signatures en ligne, soit le double des adhérents de la Société Française des Urbanistes.

Le 26 septembre 2013, le SYNDICAT des NOUVEAUX URBANISTES (S.N.U.) est officiellement créé.

POURQUOI LES NOUVEAUX URBANISTES ?

L’urbanisme est une activité professionnelle moderne utile au sein de la société urbaine contemporaine. Trois types d’exercice cohabitent :

–   urban design[1] (ou conception urbaine),

–   urban management (ou urbanisme réglementaire),

–   urban planer [2] (ou planification urbaine).

Les deux derniers sont ignorés.

La large salarisation de la profession, composée aujourd’hui de 20 000 travailleurs, mérite d’autres revendications que la seule protection du titre d’urbaniste. La reconnaissance des masters d’urbanisme, l’exclusion des concours de la fonction publique, l’absence de convention collective sont aujourd’hui quelques-uns des enjeux majeurs d’une profession moderne.

 

LES HUIT PRIORITES DU SYNDICAT

 1 – Créer une association de personnes physiques prêtes à défendre et à promouvoir la profession d’urbaniste, regroupant les urbanistes de tous modes d’exercice.

2 – Faire reconnaître la profession d’urbaniste comme une profession à part entière en lui donnant un cadre réglementaire adapté.

3 – Consacrer les 12 Instituts d’urbanisme de l’enseignement supérieur existants comme de véritables réseaux professionnels d’urbanistes habilités à délivrer des Licences professionnelles d’urbanisme, des Masters d’urbanisme et des Doctorats d’urbanisme.

4 – Transformer le dispositif de qualification OPQU existant en une qualification partagée par les Instituts d’urbanisme et la profession (sur le mode des professions d’avocats ou d’experts comptables), donnant droit au titre d’urbaniste.

5 – Développer un dispositif de formation continue propre à la profession d’urbaniste, en lien avec les Instituts d’urbanisme de l’enseignement supérieur.

6 – Obtenir la reconnaissance de la profession d’urbaniste comme activité principale dans le cadre de la nomenclature INSEE des activités professionnelles.

7 – Mettre en place une convention collective commune aux organismes privés et parapublics ayant l’urbanisme comme activité principale.

8 – Faire reconnaître par voie législative la possibilité pour les urbanistes formés dans les Instituts d’urbanisme universitaires de candidater à nouveau à la spécialité « urbanisme, aménagement et paysages » du concours d’ingénieur de la fonction publique territoriale.

PLUS NOUS SERONS NOMBREUX, PLUS NOUS SERONS REPRÉSENTATIFS ET CRÉDIBLES.

Les villes – et les urbanistes – se retrouvent en première ligne pour gérer les grands défis de notre temps. Jean Haëntjens*


L’idée d’un retour des villes sur le devant de la scène politique a connu, depuis quelques années, une accélération impressionnante. Plusieurs pays européens (Danemark, Suède, Pays Bas, Finlande…) ont réduit le nombre de leurs communes pour leur donner plus de responsabilités. Le Royaume-Uni a voté, en 2011, un Localism Act et la France a accordé, en 2013, un statut particulier aux métropoles. Aux Etats-Unis, le thème du retour des villes est défendu par plusieurs économistes et essayistes de talent [1][2][3]. Par ailleurs, les plus grandes entreprises de la planète – IBM, Cisco, Schneider Electric, Veolia…- ont identifié l’ingénierie urbaine comme étant un enjeu stratégique majeur.

Ce « retour des villes » ne sera pas sans conséquence sur les métiers de l’urbanisme. L’organisation urbaine est désormais identifée comme une variable majeure pour relever les grands défis de notre temps, qu’ils soient économiques, sociaux, écologiques, culturels ou politiques. Ce n’est pas seulement l’économie qu’il s’agit de « repenser par le territoire », comme le propose Pierre Veltz, mais tous les champs de la vie en société.

*auteur de « Les villes au secours de l’état ». http://www.jeanhaentjens.com

 

 

[1] KATZ Bruce & BRADLEY Jennifer – The metropolitan revolution – Brooking Institution Press, 2013

[2] BARBER Benjamin – If mayors rule the world, dysfonctionning nations, rising cities – Yale University Press, 2013.

[3] GLASER Edward, Triumph of the city, Penguin Book, 2011

L’OPQU assure-t-il vraiment une mission de service public ? Pas sûr


Notre confrère Clément MARQUIS, un des meilleurs connaisseurs français du dispositif de formation des urbanistes, s’interroge avec acuité sur le rôle que pourrait encore jouer l’OPQU (office de qualification des urbanistes. Crée au moment où la formation à l’urbanisme était peu visible et faiblement constitué, cet office cherche « un second souffle » car les qualifiés res-tent peu nombreux – à peine 3% des urbanistes – et semble s’engager progressivement sans le dire vraiment sur la voie de la constitution d’un ordre des urbanistes. Car les diplômes permettent désormais à eux seuls de devenir urbaniste. Le propos de Clément MARQUIS rejoint la réflexion les Nouveaux Urbanistes qui préfèrent la promotion des diplômes et une éventuelle validation des acquis d’expérience pour ceux qui ont une autre formation supérieure.

Le président du SNU

 

L’OPQU assure-t-il une mission de service public ?

Les diagnostics sur le fonctionnement de l’Office professionnel de qualification des urbanistes (OPQU) et la qualification qu’il délivre sont aujourd’hui connus et largement relayés : 3% des urbanistes qualifiés seulement, faible reconnaissance des instituts et formations supérieures en urbanisme, isolement du dispositif de qualifications vis-à-vis des droits français et européens.

Plutôt qu’entrer à nouveau dans les détails techniques des dispositifs administratifs (accréditation des diplômes, titre, etc.), les fondements de l’OPQU, justifiant son existence et sa mission de service public, doivent être questionnés au regard des besoins des maîtres d’ouvrages et de la communauté professionnelle des urbanistes.

Délivrer la qualification d’urbaniste : une mission encore utile ?

 

Les statuts de l’OPQU, récemment modifiés en Assemblée générale extraordinaire le 7 juin 2013, définissent les objectifs et les missions de l’OPQU :

« […] Organiser la profession des urbanistes autour d’un système unique de qualification […].

L’OPQU est investi de la mission de service public d’attribution de la qualification d’urbaniste. Un protocole d’accord signé le 22 juillet 1998 entre l’État et l’OPQU constitue le fondement de cette mission. ».

 

Pour remplir ces objectifs et missions, l’OPQU s’est fixé l’objet suivant :

« […] L’association a pour objet de définir les critères de la qualification en références aux pratiques professionnelles et de faire évoluer ces critères en fonction des méthodes et usages des missions d’urbanisme. Elle a aussi pour objet de déterminer le degré d’aptitude professionnelle des urbanistes, afin que cette profession s’exerce dans des conditions techniques et administratives satisfaisantes, tant au regard des règles déontologiques que des attentes des maîtres d’ouvrage et des usagers. En ce sens, l’OPQU inscrit la qualification sous la bannière de l’intérêt général […]. »

Dans le cadre d’un protocole signé avec le Ministère en charge de l’urbanisme, l’OPQU s’est attribué une mission de défense de l’intérêt général, représenté notamment par les usagers (citoyens) et les maîtres d’ouvrages (publics).

Cette mission sous-entend donc que l’OPQU est un maillon indispensable, du moins utile, pour protéger les citoyens contre un exercice professionnel des urbanistes qui pourrait se révéler néfaste.

Cette approche pose trois questions fondamentales :

Plus que la qualification, le diplôme est devenu le dispositif, de reconnaissance des compétences en urbanisme, jusqu’au niveau international (Master).

 

  • A-t-on besoin de la qualification d’urbaniste OPQU pour s’assurer de la compétence des urbanistes ?

En 2013, pour exercer en tant qu’urbaniste, l’obtention d’un diplôme supérieur (de niveau Master) est devenue indispensable (mais pas obligatoire). Rares sont aujourd’hui les professionnels en urbanisme ne présentant pas de diplôme dans le domaine.

Il existe plus de 150 diplômes de niveau BAC+5/6 en urbanisme et aménagement du territoire délivrés au sein des instituts et formations supérieures en urbanisme et aménagement du territoire français. Un dense réseau de 24 instituts d’urbanisme parsème le territoire français et anime la recherche et le débat public sur ces questions. Cette configuration se retrouve dans de nombreux États (Allemagne, Belgique, Espagne, Etats-Unis, Italie, Pays-Bas, etc.).

Ces diplômes sont aujourd’hui accessibles par la formation initiale (jeunes étudiants), continue (adultes en formation) et la validation des acquis de l’expérience (reconnaissance de l’expérience professionnelle).

Plus que la qualification, le diplôme est devenu le dispositif, de reconnaissance des compétences en urbanisme, jusqu’au niveau international (Master).

Le conseil d’administration de l’OPQU n’accueille pour l’instant aucune collectivité ou association de collectivités. […] Les associations représentant les intérêts des citoyens sur les questions d’urbanisme ne siègent pas à l’OPQU.

  • L’OPQU est-il légitime pour assurer cette mission ?

Pour « déterminer le degré d’aptitude professionnelle des urbanistes […] au regard des […] attentes des maîtres d’ouvrages et des usagers », la gouvernance de l’OPQU devrait logiquement s’ouvrir aux représentants des maîtres d’ouvrages et des usagers.

En France, les principaux maîtres d’ouvrages compétents en urbanisme sont les communes et les communautés. Ces collectivités sont représentées par deux associations, l’Association des maires de France (AMF) et l’Assemblée des communautés de France (AdCF).Pourtant, le conseil d’administration de l’OPQU n’accueille pour l’instant aucune collectivité ou association de collectivités.

Le constat est le même pour les usagers, les associations représentant les intérêts des citoyens sur les questions d’urbanisme ne siègent pas à l’OPQU.

Dans cette configuration, l’OPQU est-il capable de recueillir les attentes des maîtres d’ouvrages et usagers ?

L’exercice professionnel des missions d’urbanisme est pluridisciplinaire, collectif et inscrit dans des dispositifs légaux très stricts.

  • L’évaluation des individus est elle la bonne méthode pour s’assurer de la qualités de missions d’urbanisme au service des citoyens ?

Le postulat initial de la qualification repose sur la détermination du « degré d’aptitude professionnelle des urbanistes ». Il convient pourtant de rappeler l’évidence que l’exercice professionnel des missions d’urbanisme est pluridisciplinaire, collectif et inscrit dans des dispositifs légaux très stricts.

Loins d’avoir le monopole de l’urbanisme, les urbanistes travaillent aux côtés d’autres professionnels d’horizons divers (architectes, économistes, ingénieurs, juristes, paysagistes, etc.), au service de maîtres d’ouvrages, dans des cadres juridiques clairement définis par la loi (Code de l’environnement, Code de l’urbanisme, etc.).

Les missions professionnelles en urbanisme sont partagées et contrôlées. Il semble très hasardeux de tenir une seule personne pour responsable en cas de litige sur un document de planification (PLU, SCOT) ou un projet urbain. Qualifier les seuls urbanistes n’a donc peu ou pas d’effet pour protéger les citoyens d’un mauvais exercice professionnel en urbanisme.

Renforcer la visibilité des diplômes et compétences des urbanistes

L’objectif n’est plus de nommer des « Gardiens du Temple » pour leur déléguer des pans entiers de politiques publiques, mais de clarifier et de rendre lisible les dispositifs existants.

Le contrôle et l’évaluation individuelle des professionnels trouvent leur inspiration dans les ordres professionnels, nés pour la plupart à l’issue de la Seconde Guerre Mondiale, quand l’État se reconstruisait en France, confiant à des corps constitués, une mission de service public pour défendre l’intérêt général des citoyens.

Soixante ans plus tard, l’exercice professionnel contemporain est collectif, séquencé et normé. L’objectif n’est plus de nommer des « Gardiens du Temple » pour leur déléguer des pans entiers de politiques publiques, mais de clarifier et de rendre lisible les dispositifs existants.

Si un organe de régulation de la profession d’urbaniste doit encore exister aujourd’hui, il ne doit plus déterminer seul le degré d’aptitude professionnelle des urbanistes.

À l’image du modèle de fonctionnement de Google, cette structure devrait jouer le rôle d’accélérateur en mettant à disposition des contenus existants sur l’exercice professionnel en urbanisme et les urbanistes :

  • Mission de service public n°1 : identifier, par une accréditation professionnelle partagée, les diplômes menant effectivement à l’exercice professionnel d’urbaniste, au service des étudiants et des recruteurs.

  • Mission de service public n°2 : créer un titre d’urbaniste accessible par la formation initiale et continue (diplômes accrédités) et la validation des acquis de l’expérience (VAE) pour assurer une reconnaissance égale des compétences en urbanisme quel que soit son parcours, au service des urbanistes.

  • Mission de service public n°3 : assurer une veille permanente sur l’insertion professionnelle et l’emploi dans l’urbanisme et l’aménagement du territoire au service des recruteurs et des urbanistes.

Faire confiance et respecter les parties prenantes de la profession

Dans une logique de bottom-up, l’OPQU doit aujourd’hui respecter ce qui existe déjà, plutôt que d’inventer à côté des urbanistes, une vision fantasmée de la profession.

À l’image d’un fonctionnement autoritaire et descendant des ordres professionnels, l’OPQU ne doit plus définir seul sa vision de l’urbanisme et de l’urbaniste, pour l’imposer ensuite à aux enseignants-chercheurs, employeurs et aux urbanistes.

Dans une logique de bottom-up, l’OPQU doit aujourd’hui respecter ce qui existe déjà, plutôt que d’inventer à côté des urbanistes, une vision fantasmée de la profession.

Humilité et pragmatisme sont deux impératifs pour une structure qui doit servir plus qu’elle ne doit imposer. Pour ce faire, l’OPQU doit davantage déléguer ses missions de service public à ses partenaires :

  • La reconnaissance des diplômes en concertation avec les instituts et formations supérieures en urbanisme ;
  • L’élaboration de référentiels de compétences professionnelles avec les syndicats d’employeurs et de salariés d’urbanistes ;
  • La définition des services professionnels offerts aux urbanistes avec les associations professionnelles d’urbanistes.

Sans cette plate-forme de partage et de respect mutuel, l’OPQU restera une structure isolée et ne sera pas en mesure d’assurer une mission de service public.

 

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